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L'oiseau du mois

La Gorgebleue à miroir blanc Luscinia svecica namnetum (Linné 1758)


Chez nos voisins :

Italiens : Pett’azzuro

Espagnols : Pechiazul

Anglais : Bluethroat

Allemands : Blaukehlchen


Famille : Turdidés


Statut : protégée en France, Annexe I De la directive Oiseaux, Annexe II de la Convention de Berne


Etymologie : 

Luscinia est le nom latin également du rossignol qui indique la parenté de son chant musical et varié.

Svecica : latinisation de Suède. Ce terme indique que la sous-espèce Scandinave était, au XVIII e siècle, la seule connue.

Namnetum est le nom latin de Nantes ; l’oiseau qui nous concerne est une sous-espèce adaptée aux milieux littoraux saumâtres de la côte atlantique où il niche.

« Miroir blanc » vient du fait que la sous-espèce présente ici possède un ocelle blanc au milieu de la gorge bleue. Cet ocelle est roux pour la sous-espèce scandinave.


Biométrie et plumage

Passereau de la taille d’un rouge-gorge, difficile à voir. Mais un chant, peu commun et inoubliable tant il est mélodieux, rapide et ponctué d’imitations de cris et de chants d’autres oiseaux (voire d’autres animaux), (hirondelle rustique, bergeronnette printanière, pouillot véloce, mésange charbonnière, fauvette …).

Cet oiseau est assez haut sur pattes. Il lui arrive fréquemment de parcourir la vase du bord des bassins piscicoles de la réserve en quête d’une multitude d’insectes terrestres (larves, adultes, chenilles…)… 

Le plumage nuptial de la Gorgebleue mâle est une mosaïque de couleurs pour l’observateur chanceux… dessus gris brun sombre, sourcil blanc crème, plastron brillant bleu encadré d’une raie noire et souligné d’une bande rousse. Au milieu de ce plastron, une tâche blanche ou roux vif (suivant la sous-espèce) ; ailes gris brun, plumes de queue roux vif avec le tiers terminal brun foncé… la femelle est plus terne avec le menton et la gorge blancs, avec toutefois la présence de plumes bleues.

Longueur : 14 cm

Poids : 13 à 17 g

Longévité : moins d’une dizaine d’années.


Nidification, vie sociale

C’est un oiseau solitaire, sauf en période de nidification. Le mâle  défend énergiquement son territoire. Le nid est construit dans la végétation dense, ici au Parc, il niche fréquemment dans les Faux cotonniers, Baccharis halimifolia. (c’est bien un des rares avantages de cet arbuste d’Amérique du nord).

Le mâle, monogame, émet son chant depuis les buissons, mais lorsqu’il s’excite, il se perche au sommet, bien en évidence, ou effectue un vol en chantant ; c’est à ce moment que l’observateur peut l’entrevoir… Le nid est construit par la femelle avec de la végétation fine ; le mâle l’aide quelquefois. La ponte est en moyenne de 5 à 6 œufs, jusqu’à 8. La couvaison dure de 12 à 14 jours, assurée par la femelle occasionnellement aidée par le mâle. L’envol des jeunes se fait vers 14 / 15 jours ; ils sont nourris par les parents pendant encore quelques jours jusqu’à leur émancipation.  Les oiseaux sont mâtures sexuellement vers un an. 


Nourriture

La Gorgebleue est une grande consommatrice d’insectes et autres bêtes variées. Tout y passe : orthoptères, odonates, lépidoptères, coléoptères, hémiptères, trichoptères, hyménoptères… arachnides,  jeunes amphibiens (grenouilles), gastéropodes. Elle se nourrit également de diverses baies, de sureau, de ronces, mais aussi de cerises, de fraises…  


Mouvements, déplacements et migrations

Oiseau migrateur, la Gorgebleue est assez solitaire, cependant on peut assister, très occasionnellement, à des rassemblements ne dépassant pas 10 oiseaux.

Les Gorgebleues qui nous concernent arrivent vers fin mars début avril. Elle reviennent d’Espagne, du Portugal et d’Afrique du Nord (Maroc) ou d’Afrique équatoriale. Ce petit passereau quitte le Parc en octobre. La population nicheuse ici oscille entre 16 et 23 couples par an. Cette année 23 couples nichent dans les zones arbustives denses.


Menaces

La Gorgebleue à miroir blanc, en dépit d’un certain dynamisme démographique, est une sous-espèce vulnérable : La faiblesse de ses effectifs totaux et son instabilité démographique font penser que les risques d’extinction sont réels. En effet, les sites de reproduction et d’hivernage sont situés dans des zones humides où s’exercent de fortes pressions d’aménagements et d’activités touristiques de bord de mer.


Période d’observation la plus propice

Les mois d’avril et de mai


Où l’observer ?

A partir de l’affût 6 et jusqu’à l’affût 15, il est possible d’entendre, et, pour les plus méritants, de voir ce magnifique passereau de nos marécages littoraux.


Conseils d’observation

Comme pour tous les oiseaux fréquentant la réserve, il est important de faire le moins de bruit possible…


J.Beyaert, avril 2006


Sources

Etymologie des noms d'oiseaux, Eveil Nature, 1995, 208 pages ; Handbook of the birds of Europe, the middle East and North Africa, volume V, Le guide ornitho, Delachaux et Niestlé, 2000, 399 pages ; Oiseaux de France, Larousse, 2003, 448 pages. Guide encyclopédique des oiseaux du Paléarctique occidental, Nathan, 1999, 871 pages. Oiseaux menacés et à surveiller en France, 1999, 560 pages, Société d’Etude Ornithologiques de France . Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO).

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